Inde: Il y a eu un bond de 336% des affaires de viols d’enfants lors des 10 dernières années

delhi rape police pkgTraduit de l’Original par Roxane Metzger

L’année dernière à New Delhi, une petite fille de 5 ans a été kidnappée, prise en otage pendant 2 jourspar deux hommes adultes, violée collectivement et victime de tortures sexuelles avec des objets tels que des bouteilles et des bougies, qui étaient insérés en elle ». Les violeurs ont ensuite essayé de la tuer en lui tranchant la gorge. La police, qui avait tout d’abord refusé d’enregistrer un rapport afin de porter la petite fille disparue lorsque les parents les avaient contactés, ont ensuite tenté de passer l’affaire sous silence, alors que l’enfant était à l’hôpital, se battant pour survivre. Les policiers n’ont pas seulement refusé d’enregistrer une plainte pour viol, mais ont même essayé d’acheter son silence au père de la victime pour 200 roupies (40 dollars) ! Ils lui ont dit de ne pas contacter les médias ou le public, parce que ceux-ci ne feraient que se moquer de lui! Par la suite, alors que des manifestantes ont abordé la police, celle-ci se mit à battre certaines des femmes!

Comme nous l’avons déjà dit dans un article précédent, le viol de femmes en Inde a augmenté de 873% depuis 1971. Cependant, les viols et agressions sexuelles d’enfants ont aussi atteint des proportions épidémiques. Pendant les 10 dernières années, il y eut une

Comme nous l’avons déjà écrit dans un article précédent, le viol de femmes en Inde a augmenté de 873% depuis 1971. Cependant, les viols et agressions sexuelles d’enfants ont aussi atteint des proportions épidémiques. Selon un rapport de 2013, il y a eu un bond de 336% des affaires de viols d’enfants lors des 10 dernières années.Une étude conduite par le gouvernement et datant de 2007 a révélé que plus de 50% des enfants, c’est à dire un enfant sur deux en Inde, a été sujet à une forme ou une autre d’abus sexuel au cours de son enfance.

Le rapport, qui s’intitule « Les ‘Hell Holes’ de l’Inde », énonce catégoriquement : « Ces [affaiires] [qui constituent l’augmentation de 336% des viols d’enfants] ne sont que la partie émergée de l’iceberg, puisque la grande majorité des viols d’enfants ne sont pas rapportés par la police. De plus, les enfants deviennent régulièrement les victimes d’autres formes d’abus sexuels. » Le rapport montre aussi que les pires endroits en terme d’abus sexuels d’enfants sont les maisons pour jeunes que le gouvernement a mis en place.

Voici des liens vers des journaux des deux dernières semaines, rapportant des cas de viol où les victimes étaient des petites filles :
New Delhi (26 Avril 2013): peite fille de 6 ans violée, sa gorge tranchée, se bat pour sa vie
Shimla, Himachal Pradesh (22 Avril 2013: 1jeune fille de 15 ans
New Delhi (22 Avril 2013): Une autre petite fille de 5 ans violée et abandonnée au AIIMs hospital
Khargone, Madhya Pradesh (21 Avril 2013): Homme viole et tue sa cousine âgée de 7 ans
Nagpur, Madhya Pradesh (21 Avril 2013): peite fille de 4 ans violée
Jehanabad, Bihar (20 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par deux hommes
Surat, Gujarat (21 Avril 2013): jeune fille de 17 ans kidnapée, séquestrée et violée en gang
New Delhi (21 Avril 2013): jeune fille de 13 ans violée en gang par 8 hommes, tente de se suicider
Aligarh, Uttar Pradesh (19 Avril 2013): petite fille de 6 ans violée et tuée
Birabadi, Haryana (13 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par deux hommes
Valmiki Tiger Reserve, Bihar (13 Avril 2013): petite fille de 7 ans violée par un garde forestier
Bhubaneshwar, Orrissa (12 Avril 2013): 1jeune fille de 15 ans violée en gang par 4 hommes
Rohtak, Haryana (8 Avril 2013): jeune fille de 13 ans violée
Varanasi, UP (5 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par trois hommes

Et pourtant, le pire traumatisme que les victimes, leurs familles et la société indienne aient à affronter « is dealing with the police »
L’apathie est toujours au rendez-vous ! (« is a given ») Aujourd’hui en Inde,il est considéré comme acquis que dans une affaire de viol, la police n’enregistrera pas de rapport, qu’elle ne mènera pas d’enquête, et que, même si la famille identifie le violeur, la police ne fera rien. Elle n’arrêtera même pas les coupables ! Mais le pire, chez la police en Inde, c’est qu’ils peuvent battre les parents ou les soutiens d’une victime en public s’ils essaient de protester contre l’indifférence policière face à la détresse (« plight ») de la victime !!!
Ci-dessous, deux vidéos. La première est un enregistrement de policiers tabassant des gens, y compris la mère d’une petite fille de 6 ans qui a été violée et tuée, parce qu’ils protestaient contre le fait que la police refusait d’agir à moins que les parents de la victime ne déclarent avoir vu le viol de leurs propores yeux !!! La deuxième vidéo montre une femme se faisant violemment gifler par un « senior » policier, pour avoir demandé pourquoi la police essayait de passer sous silence le viol d’une petite fille de 5 ans, ce qui a causé un soulèvement de fureur dans la capitale de l’Inde.
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A PROPOS DE LA TRADUCTRICE
Roxane Metzger est l’éditrice/coordinatrice du blog francophone de la 50 Million Missing Campaign.

La Survivante du #viol collectif de #Suryanelli : « Aurais-je reçu plus de soutien si j’avais perdu la vie ? »

Traduit de l’Original par Diké

En janvier 1996, une écolière fut kidnappée, enfermée, violée et brutalisée par 42 hommes durant 40 jours. 16 ans plus tard, elle attend toujours que justice soit faite. Comme la loi indienne interdit de divulguer le nom des victimes de viol, la victime devint connue sous le pseudonyme de « Suryanelli girl » [la fille de Suryanelli, du nom de son village d’origine]. Pour lire le récit complet de son combat ininterrompu pour la justice, cliquez ici.

En Inde, après l’affaire du viol collectif de New Delhi dans un bus, dont la victime succomba aux blessures reçues, nombre de survivantes de viols collectifs violents ont posé la même question : auraient-elles reçu plus de soutien public si elles aussi avaient été tuées après le viol ? Pourquoi les femmes qui ont survécu à des viols collectifs violents en Inde, et qui se battent contre une police corrompue et un système criminel pour obtenir justice, ne reçoivent-elles pas le même type de soutien public, en Inde et à l’international, même si leurs cas sont aussi graves et connus que les affaires de Suryanelli et de Park street par exemple ? Pourquoi personne ne se bat à leurs côtés, alors qu’elles continuent leur combat, en dépit de tout le harcèlement causé par un système criminel et par la stigmatisation sociale ?
Ci-dessous, la victime de Suryanelli formule cette question dans ses propres mots :

suryanelli facelessVous ne connaîtrez peut-être jamais mon nom. Jusqu’à ma mort, je suis destinée à porter le poids de cette étiquette dont je ne peux me débarrasser. Je suis la fille de Suryanelli. Cela fait 17 ans que je me bats pour la justice, tandis que certains me désignent comme une « enfant prostituée » et d’autres comme la victime. Mais personne ne m’a jamais donné un surnom, tel Nirbhaya ou Amanat (trésor) [ainsi qu’on l’a fait pour la victime du viol collectif de Delhi]. Je ne serai jamais la fierté de la nation ou le visage des femmes abusées. Je ne suis plus l’écolière de 16 ans qui tomba amoureuse pour la première fois, et en perdit la vie.
Pourtant, à 33 ans, je me bats contre les mêmes cauchemars. Mon univers est une interminable route grise, qui s’étend de ma maison à l’église et au bureau.
Les gens ont tendance à ricaner lorsque je raconte les 40 jours au cours desquels je fus réduite à un corps féminin destiné à tous les usages qu’ils souhaitaient, vendue comme une bête de somme en cage, poussée dans des chambres obscures à travers la région, violée nuit et jour, frappée à coups de pied et de poing. Ils me demandent comment je peux me souvenir de tout cela, et moi, je me demande comment je pourrais un jour oublier ? Je tombe dans un sommeil perturbé chaque nuit, avec des flashs de ces jours-là qui me reviennent à l’esprit, et je me réveille dans un trou sombre et insondable, peuplé d’hommes poisseux et de femmes malveillantes.
Mon traumatisme ne se termina pas lorsqu’ils se débarrassèrent de moi, laissée pour morte près de ma maison. Avec le soutien de ma famille, j’ai porté plainte en pensant qu’il fallait empêcher que cela n’arrive à une autre fille. Je croyais bien faire, mais ce qui suivit m’a convaincue du contraire. L’équipe chargée de l’enquête m’exhiba à travers toute la région, en me demandant, sans arrêt, de décrire à nouveau tout ce qu’ils m’avaient fait subir. Les enquêteurs m’ont fait comprendre qu’être une femme n’est pas facile, en tant que victime ou survivante.
Je me sens soulagée que la fille de Delhi soit morte, sans quoi elle aurait dû faire face aux même questions teintées d’allusions pornographiques et omniprésentes, forcée de se justifier sans arrêt, et aurait dû passer sa vie à craindre sa propre ombre, sans le moindre ami. Lire la suite

Suzette Jordan : Mon nom n’est pas « La victime du viol de Park Street ! »

Traduit de l’original/ par Héloïse Metzger

En 2011, Suzette Jordan a été victime d’un viol collectif sur Park Street à Calcutta. Parce que la loi indienne interdit de révéler le nom et le visage des victimes de viol, sous peine de 2 ans de prison, les médias floutaient son visage et l’appelaient  »Park Street Rape Victim », soit  »La victime du viol de Park Street ». Récemment, Suzette a décidé de révéler son nom et son identité. Elle est probablement la seule d’un grand nombre de femmes indiennes à faire ceci. Elle explique pourquoi ci-dessous.

Mon nom est Suzette Jordan et je ne veux plus jamais être connue en tant que « la victime du viol de Park Street à Calcutta ».
Après l’incident, [la police] s’est moquée de moi. Ils ne me prenaient pas au sérieux. [Lors de l’examen médical] j’avais l’impression d’être un morceau de viande. Cela me rendait folle, me demandant ce qu’ils [les violeurs] m’avaient fait pendant que j’étais inconsciente. J’avais tellement mal. Je ne pouvais plus bouger. Je sombrais dans la dépression. Cela me terrifiait. Je me suis mise à m’isoler complètement. Je ne pouvais même pas aller jusqu’aux toilettes. Mon père devait me porter jusqu’aux WC. J’ai 37 ans. C’était si embarassant.

Les voisins ont rendu ma vie dans le quartier [où j’habitais avant] très difficile. On a voulu me faire ressentir que j’étais coupable de mon viol. Juste parce que j’avais été en boîte de nuit [avec un homme], on m’a fait ressentir que j’avais provoqué le viol. Quand mes filles allaient à l’école, quelques personnes les regardaient bizarrement et colportaient de fausses rumeurs.. Cela fait 11 ans que je suis mère célibataire.. Au lieu de [m’] admirer d’être à la fois une mère et un père, ils [me] dénigraient. Oh, c’est une mère seule. Son mari l’a quitté. Elle s’est sûrement prostituée. [Des représentants du gouvernement] ont dit que j’étais une prostituée alors qu’ils ne me connaissent même pas. [En faisant ceci ils] mettent également en danger le vie du vraie prostituée. Sont-[ils] en train d’essayer de dire que la parole [d’une prostituée] ne compte pas et n’importe qui peut lui faire subir ce qu’il veut ?

J’ai dû déménager de ma résidence et m’installer ailleurs dans la ville. S’il n’y avait pas eu mes deux filles, je me serais suicidée.

[De tous les métiers pour lesquels j’ai postulés], personne ne m’a jamais recontactée jusqu’à présent.. Suis-je sans valeur parce que j’avais été dans une boîte de nuit [le jour où j’ai été violée] ? Puisque les boîtes de nuit sont si terribles, vous devriez toutes les fermer. Je me suis mise à prendre énormément d’antidépresseurs et de somnifères. Je faisais des cauchemars. Je me réveillais en criant. J’étais sans-dessus-dessous.. Je me faisais du mal à moi-même. S’il n’y avait pas eu mes parents et mes bébés, c’est sûr que je serais morte.
[Maintenant, travaillant dans une association aidant les victimes de violences sexuelles et domestiques], je sens que je guéris, partageant la douleur [des autres victimes]. [Mais] je n’arrête pas d’entendre tellement d’histoires de viols, et je me sens étouffée par le silence complet des victimes, de leurs familles et sociétés.

Il y a peu de temps, j’ai rencontré la famille d’une victime de viol à Calcutta. Je me suis dit : « Pendant combien de temps va-t-on vivre avec la honte d’avoir été violées ? »
[Voilà pourquoi] J’essaye. Je me force à me remettre de la peur. Je ne peux pas m’arrêter de vivre parce que je suis une victime de viol. Je suis en vie et je veux me battre. J’ai besoin de me battre comme je suis, pas derrière un masque, pas derrière un écran, pas derrière une image floutée.
[Après ma décision de révéler mon nom et mon visage] un avocat a dit que je suis en train de détruire le caractère sacré du tribunal. Mais quand les portes du tribunal s’ouvrent, les familles entières des accusés sont dehors. Ils me photographient avec leurs téléphones. Où est mon caractère sacré ?

J’adore les discothèques. J’adore danser mais je n’y suis jamais retournée depuis. J’ai envie d’aller à une fête. Je veux m’habiller comme il me plaît. Mais j’ai très peur de faire cela. [Quant à la justice] je n’ai rien contre ces gens [Les politiciens, policiers et la société civile qui l’ont traquée.] [Mais] ils peuvent se faire pardonner en me faisant justice. Non seulement pour moi, mais pour toutes les femmes du pays dans le même cas que moi.

J’en ai assez de cacher ma véritable identité. J’en ai assez des règles de la société. J’en ai assez de me faire sentir honteuse. J’en ai assez d’avoir peur parce que j’ai été violée. C’en est trop !

Ne déformez [donc] pas ma voix, ne floutez [donc] pas mes photos. Mon nom est Suzette Jordan et je ne veux plus jamais être connue comme la victime du viol de Park Street à Calcutta.

Les #Femmes #Indiennes Voteront-elles pour Faire Partir les #Violeurs et les Tueurs du Gouvernement lors de l’#Election de 2014 ?

vote none of the aboveTraduit de l’Original par Roxane Metzger

Alors que l’Inde se rend aux urnes du 7 avril au 12 mai 2014, la 50 Million Missing Campaign appelle toutes les femmes indiennes à voter «NOTA » afin de constituer un gouvernement qui leur garantisse la sécurité. « NOTA » est une possibilité donnée aux citoyens indiens pour la première fois lors de ces élections, et il signifie « None of The Above » – Aucune des Options Proposées Ci-dessus. Lorsqu’un électeur ou une électrice appuie sur le bouton « NOTA », il ou elle indiquera qu’il ou elle rejette tous les partis politiques et leurs candidats et candidates se présentant dans cette élection.

 POURQUOI LA COUR SUPREME INDIENNE A-T-ELLE MIS EN PLACE LA POSSIBILITE DE VOTER « NOTA » ?

why are rapists sitting in parliamentAu cours des deux dernières décennies, on s’est sérieusement inquiété de la présence toujours croissante de criminels dans le gouvernement indien et au sein des partis politiques du pays. A chaque élection, l’inclusion de ces criminels augmente. Lors de l’élection de 2004, 24% des Membres du Parlement (« MPs ») faisaient l’objet d’inculpations pénales. Lors de l’élection de 2009, ce nombre avait grimpé à 30%, dont la majorité faisait l’objet de graves inculpations pour viol, meurtre, extorsion d’argent et d’autres formes de violence contre les femmes, telles que des agressions sexuelles, du harcèlement, et de la violence liée à la dot, violence pouvant aller jusqu’au meurtre. Les statistiques concernant les responsables politiques criminels par état sont effrayantes. Par exemple, 50% des MPs venant de l’état de Jharkhand, et 48% des MPs venant de l’état de Maharashtra étaient inculpés pour crime. Les criminels qui font partie du gouvernement indien n’ont pas intérêt à voir l’instauration de lois pour la protection des femmes et de tous les citoyens se réaliser. En effet, on assiste à la mise en place de beaucoup de pressions et de machinations politiques afin de permettre à de tels crimes et délits d’être commis en toute impunité. Il a souvent été remarqué que le viol et d’autres crimes violents contre les femmes constituent presque des « avantages », des « privilèges » politiques dont jouit le système. Récemment, la Cour Suprême indienne a tenté de débarrasser le gouvernement de ses criminels, suscitant une immense résistance. Le parti au pouvoir, le parti du Congrès, a même essayé de forcer le passage d’une Ordonnance pour passer outre l’initiative de la Cour Suprême. Lire la suite

Quand les #Mères Tuent leurs #Filles

Traduit de l’Original par Harsha Herlekar 

On voit sur cette photo une femme avec ses jumeaux- un garcon et une fille.
En regardant les bébés de cette image, il n’est pas difficile de deviner laquelle est la fille. C’est le bébé sur la droite, une figure squelettique, qui fait la moitié de la taille de son frère. Elle est morte le lendemain du jour où cette photo a été prise.

La mère avait décidé, suivant les conseils de sa famille, de n’allaiter que son garçon. Regardez la tendresse avec quelle elle tient la tête de son fils. Au contraire, elle ne tient pas sa fille. Même le biberon n’est pas tenu! Le langage corporel de la mère montre son rejet envers sa fille. De plus, à en juger par la taille du garçon, ces enfants sont âgés d’environ 5-6 mois, ce qui signifie que la petite fille a enduré une mort de faim lente et douloureuse.

Cette photo en noir et blanc est bien sûr une photo d’archive, datant certainement des années 1980.

Mais est-ce si différent en Inde aujourd’hui?

Il y a quelques jours Deepika Parmar, qui avait donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille, à l’ hôpital de Mumbai, jeta furtivement sa fille par la fenêtre de la salle de bain de l’hôpital. Elle inventa ensuite que sa fille avait été kidnapée. Alors que le personnel fouillait frénétiquement les étages de l’hôpital, quelqu’un remarqua sur l’enregistrement de vidéosurveillance, que Deepika était entrée dans la salle de bain avec le bébé dans ses bras, mais qu’elle en était sortie les mains vides. Interrogée par la suite, Deepika admit qu’elle avait en effet jeté son bébé par la fenêtre.

La chute écrasa le crâne du bébé, mais celui-ci n’a pas été tué tout de suite. Lorsque le personnel de l’hôpital la sauva, les rats avaient commencé à la mâcher et elle gémissait doucement. Plus tard elle a succomba à ses blessures.

Le cas de Deepika n’est pas isolé. La plupart des cas d’infanticide féminins ne sont pas signalés en Inde; on lit assez fréquemment un rapport, souvent au petit coin du journal au sujet d’un meurtre commis par une mère contre son bébé fille. A présent les infanticides existent dans chaque partie de l’Inde. En fait,il y a en Inde des milliers d’infanticides féminins chaque année, et une majorité d’entre eux sont commis par des femmes – les mères, les grands-mères et les sages-femmes.
Pammi, une jeune femme de 25 ans, a étranglé sa fille, âgée d’1 jour, tandis qu’ellle etait toujours à l’hôpital, à Delhi. Elle a d’abord prétendu que sa fille était morte de « causes naturelles. » Plus tard, elle avoua: “Je ne voulais pas d’une petite fille . C’est considéré comme un mauvais présage dans mon village, au Bihar. Alors je l’ai tuée”. Pammi avait deux garçons et en voulait un autre.

Seema Sai a plaidé coupable d’avoir noyé ses deux filles âgées de quatre ans et neuf mois, au Bengale Occidental, dans un réservoir, apparemment car elle souffrait de « reproches » de la part de ses beaux-parents parce qu’elle avait des filles.

Au Tamil Nadu, Revathy, une femme de 21 ans, avait concocté un plan avec sa mère pour tuer ses petites jumelles alors qu’elles étaient encore à l’hôpital. Après les avoir secrètement prises hors de la salle des couveuses, Revathy assassina l’une de ses jumelles, un nouveau-né, en lui tranchant la gorge, tandis que sa mère a étranglait l’autre. Elles dirent qu’elles avaient été déçues que les bébés soient des filles. Cependant, après avoir tué les bébés, les deux femmes ont tenté de rejeter la faute sur l’hôpital. (Voici une vidéo )

L’un des cas pour lequel la 50 Million Missing Campaign s’est impliquée était celui d’un bébé nommé Karishma , que la grand-mère affamait, agressait violemment et tentait de tuer régulièrement. Le grand-père de Karishma est un sarpanch (chef du village judiciaire), et c’est une famille de riches propriétaires terriens, qui possède des vergers. Leur statut financier leur permettait d’élever une fille, mais ils n’en voulaient pas. Alors Karishma et sa mère ont été déplacés vers un foyer sûr, étant donné tout le soutien dont elles avaient besoin, et nous avions commencé des poursuites pénales contre la grand-mère paternelle de l’enfant, lorsque la mère, sans en informer personne, retourna chez sa belle-famille avec Karishma, bien que celle-ci y était en danger.

La question est: dans quelle mesure tenons-nous ces mères responsables de leurs actes?

Un article de The Telegraph argumente:

Les sociologues et les militants soutiennent que la mère qui tue sa fille est autant une victime que son enfant, étant toutes deux cruellement soumises aux mêmes forces d’une société aux préjugés sexistes. Le contre-argument vient des autres: personne ne peut violer le droit des filles à vivre. Est-il possible de faire une loi spéciale pour les mères qui tuent leurs bébés filles? Comment une telle loi serait-elle formulée? Toutes autres choses restant égales par ailleurs, peut-on imaginer les horreurs qui en découleraient [dans une société où les filles sont indésirables en premier lieu]?

En effet, si l’on accepte l’argument de la vision des mères en tant que victimes, alors il faudrait accepter le même argument de toutes les victimesde violence qui violentent ensuite d’autres personnes. Par exemple. la plupart des délinquants sexuels d’enfants ont été victimes d’abus sexuels eux-mêmes dans leur enfance. Mais ce qui est plus important ici, c’est l’individu, le droit indépendant de chaque enfant né, à la vie et à la sécurité. Le droit, que personne, pas même un parent, ne peut lui enlever.

 

 

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A PROPOS DE LA TRADUCTRICE

Harsha Herlekar est originaire de Hubli, Karnataka, en Inde. Elle étudie en ce moment le Français à Hyderabad, en Inde, au niveau de Master’s Degree.

 

Votez pour la @50millionmissin Campaign pour le Prix Katerva dans la Catégorie Prix Public !(« People’s Choice Award »)

Traduit de l’Original par Roxane Metzger

Chers Amis,

Nous sommes ravi-e-s de vous informer que la 50 Million Missing Campaign (Campagne des 50 Millions Manquantes) pour mettre fin au genricide féminin en Inde a été sélectionnée comme Finaliste pour le prix Katerva 2013 dans la catégorie Egalité entre les Sexes (« Gender Equality »). Le prix Katerva attire l’attention sur les projets les plus innovants venant du monde entier, et a été décrit comme « le Prix Nobel du Développement Durable ».

Katerva propose un Prix Public (People’s Choice Award), pour lequel il invite l’opinion publique à choisir un finaliste qui a, selon elle, le plus à offrir au monde. C’est là que nous avons besoin de votre soutien !MERCI DE VOTER POUR la 50 Million Missing Campaign EN TANT QUE VOTRE CHOIX pour le Prix Public.

POUR VOTER, CLIQUEZ ICI   http://katerva.net/  Puis cliquez sur ‘Vote.’  Puis cliquez sur le signe rouge au milieu de la page. Il vous sera alors proposé de vous créer un compte (ce qui ne vous prendra qu’une petite minute), ou de vous enregistrer. Le vote est ouvert du 7 au 28 mars 2014.

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#Tuée 45 jours après son #mariage: l’histoire d’Anshu

Traduit de l’original par Misha

Voici l’histoire d’ Anshu Singh, 23 ans, qui a été assassinée le 25 janvier 2010 par son mari et sa belle-famille, 45 jours seulement après son mariage. Son histoire est un témoignage sinistre sur le fait qu’exactions et meurtres liés à la dot se produisent même chez les classes riches, instruites et professionnelles de la société indienne. Et parmi ces criminels, on trouve des agents d’application de la loi !

Cette affaire est en cours, et nous sommes en contact avec M. Girendra Singh, le père d’Anshu, qui s’est rapproché de la campagne des 50 Millions Manquantes afin d’obtenir son soutien. Voici notre discussion flickr, ainsi qu’un forum sur le cas d’Anshu (en Anglais)N’hésitez pas à ajouter des commentaires ou suggestions si vous en avez à partager. Comme la famille Singh fait pression afin d’obtenir la condamnation des assassins d’Anshu, elle est victime de toutes sortes de harcèlement. Si vous êtes à Delhi et pouvez être d’un secours quelconque pour le cas de M. Singh, merci de nous contacter.

Anshu était la deuxième d’une fratrie de trois sœurs. Elle était brillante, ambitieuse et éduquée. Au moment de son assassinat, elle travaillait pour une société multinationale à Delhi. Elle avait rencontré son mari Lire la suite

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