Je Ne Veux Pas des “Dames D’abord”, Mais Qu’est-ce Qui Prend Ces Hommes ?

par Rita Banerji

image article ladies first

Cela m’exaspère lorsqu’un homme dit mielleusement « les dames d’abord ! ». Je trouve cela condescendant. En tant que femme, je me considère aussi capable que n’importe quel homme, et je ne vois pas pourquoi je devrais être traitée différemment.

De même, je rejette catégoriquement l’approche des « hommes d’abord » que je rencontre partout où je vais en Inde. En marchant dans la rue, en conduisant, chez les gens et même dans les bureaux. C’est une attitude qui déclare haut et fort que les hommes ont le droit de pousser les femmes de côté et d’être servis d’abord.

Cela m’est encore arrive hier dans une banque, me laissant rouge de colère. J’avais accompagné ma mère, qui voulait déposer des espèces. Il y avait une longue queue au guichet, je lui ai donc dit d’aller s’asseoir et que je ferais la queue pour elle. Un homme est venu se mettre derrière moi, puis a avancé pour se placer très près de moi. Je savais que son intention était de me mettre assez mal à l’aise pour que je recule et qu’il puisse prendre ma place. J’ai vu des hommes prendre cette liberté avec les femmes bien trop souvent. Il s’agit d’une déclaration agressive et silencieuse de privilège masculin. Je lui ai dit, tout haut et fermement, qu’il s’était placé hors de la queue et qu’il me mettait mal à l’aise ; qu’il était hors de question que je le laisse prendre ma place. Il n’a pas protesté, reculant silencieusement.

De manière très révélatrice, le seul à s’offusquer fut l’homme qui était au guichet. La notion de domination masculine planait sur toute la banque, comme c’est souvent le cas dans les lieux publics en Inde. Il y avait cinq guichets, tous occupés par des hommes. Je regardai autour de moi, et remarquai que sur les 25 client-e-s tout autour, seules 2 étaient des femmes. L’homme au guichet prit mon enveloppe, la mit de côté, puis à ma grande surprise il se pencha pour prendre le dépôt de l’homme qui était derrière moi. Il traita d’abord la demande de ce client, laissant la mienne pour plus tard. C’était ce fameux pacte silencieux entre hommes qui dit : remettons cette salope à sa place !

Pas besoin de vous dire que j’ai explosé de rage, après quoi ma demande fut traitée très rapidement. Le manager de la banque avança des prétextes stupides pour la conduite de son employé, ce qui m’énerva davantage. Par exemple, l’employé pensait apparemment que la demande de l’homme lui aurait pris moins de temps et qu’il pourrait ensuite traiter la mienne quand il aurait jugé qu’il avait le temps. Cette attitude n’était pas seulement sexiste, elle était aussi peu professionnelle. « Quelle genre de formation vos banquiers reçoivent-ils ? », ai-je demandé à savoir. C’était une de ces grandes banques privées – de celles qui ont placé des femmes à des postes hauts placés et qui se sont mises à crier « émancipation féminine ! » du haut de leurs toits. Les femmes tout en haut, foutaises ! Ce qui importe réellement, c’est comment doivent vivre les femmes ordinaires, des femmes comme vous et moi, au quotidien.

Alors à moins que chacune d’entre nous ne cause une tempête à chaque fois qu’elle est confrontée à l’une de ces situations de sexisme quotidien, et ne demande une action immédiate sur les lieux mêmes – rien ne changera.

Alors femmes, s’il vous plait, défendez-vous !

Agissez !

Demandez le respect de vos droits !

Faites-le PARTOUT où vous allez.

Faites-le CHAQUE JOUR

Faites-le à la MAISON.

Faites-le en PUBLIC.

Faites-le au TRAVAIL.

Souvenez-vous que votre peur et votre silence donnent du pouvoir à un environnement qui est horriblement et ouvertement répressif envers les femmes.

© The 50 Million Missing Campaign. Tous Droits Réservés. Pour citer, merci de vous réferer à nos conditions de copyright.

A PROPOS DE L’AUTEURE

 photo RitaRita Banerji est une auteure et activiste pour les droits des femmes, ainsi que la fondatrice de la 50 Million Missing Campaign pour stopper le génocide féminin en Inde. Son livre,  ‘Sex and Power: Defining History Shaping Societies,‘ porte un regard historique et social sur le rapport entre genre et pouvoir en Inde en tant que cause de l’actuel genricide de l’Inde. Son site internet est  www.ritabanerji.com Elle blogue surRevolutions in my Space et tweete sur @Rita_Banerji

Publicités

Lorsqu’Une #Organisation Qui Combat Le #Viol le Perpétue Aussi !

robert de niro think

Traduit de l’Original par Roxane Metzger

 Par Rita Banerji

En novembre, un article circulant sur Internet sur un faux « festival du viol » en Inde a choqué beaucoup de gens parce qu’il semblait se moquer du viol !

Ironiquement, au même moment, un événement rassemblant des personnalités célèbres telles que Robert De Niro, le festival ‘THINK’ à Goa (état de l’ouest de l’Inde) faisait exactement cela – il se moquait du viol et des victimes de viols !

Le festival ‘THINK’ était organisé par Tehelka, l’un des magazines les plus radicaux et libéraux en Inde. Mais pour l’Inde, cette institution est bien plus encore. Le mot ‘Tehelka’ est devenu un synonyme de révolution et d’indignation publique pour la justice et l’égalité.

La portée de Tehelka est immense. Le magazine possède une influence énorme, à la fois en Inde et dans le monde entier. Cette année, son festival THINK s’est vanté de la présence d’invités tels que Robert De Niro, Amitabh Bachchan, Medha Patkar, Garry Kasparov, Tina Brown, Mary Kom, John Pilger, et bien d’autres encore.

meira paibisLe viol était l’un des grands problèmes de ce festival THINK 2013. Des survivantes de viols ainsi que des activistes indien-ne-s se sont exprimé-e-s au sein d’un forum intitulé The Beast in Our Midst(« La Bête Parmi Nous »). Il y avait aussi Suzette Jordan, qui a été victime d’un viol collectif, une arme pointée sur elle, et qui aide d’autres survivantes alors même qu’elle se bat encore pour que justice lui soit faite ; Harish Iyer, qui a été violée par ses proches dans son enfance, et qui s’est exprimée sur le fait que les violeurs ne sont pas tous des étrangers, mais souvent ceux que nous connaissons et à qui nous faisons confiance ; Sandhya, jeune femme de 16 ans et qui a été victime d’un viol collectif, dont la mère fut également victime de viol en réunion, puis tuée lorsque la famille déposa plainte ; Ima Ngambi, membre de Meira Paibis, une organisation de mères qui se sont déshabillées en public pour protester contre les violences et viols systématiques infligés aux femmes par l’armée indienne à Manipur ; Sœur Jesme, qui a été exposée aux abus sexuels dont les nonnes sont systématiquement victimes au sein de l’Église catholique en Inde ; Manisha Devi, qui expliqua que la partie la pire du viol consiste dans le comportement du système légal, policier et social, qui perpétue l’injustice infligée aux victimes.

Un autre cas de viol s’est pourtant déroulé pendant le festival, et qui allait sortir au grand jour quelques jours plus tard.

Cette affaire a choqué la nation, et l’a forcée à se demander pourquoi Tehelka perpétuait précisément le mal qu’il prétendait combattre.

Tarun Tejpal, le fondateur, éditeur en chef, et principal propriétaire de Tehelka, a déshabillé de force et molesté sexuellement une des plus jeunes journalistes à deux reprises pendant le festival. La journaliste avait pour mission de « chaperonner » Robert De Niro au festival. Apparemment, Tejpal utilisa comme excuse une visite dans la chambre de De Niro afin de piéger la victime dans l’ascenseur, où l’incident a eu lieu. Lorsqu’elle résista, et le supplia de s’arrêter, il lui dit qu’accepter l’agression serait le meilleur moyen de garder son travail ! Les détails de l’attaque, révélés Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :