Quand Les Ecoles Sont Dangereuses Pour Les Filles, Peut-On Parler d’Education ?

Traduit de l’original par Roxane Metzger

Le Premier Ministre Modi a récemment  déclaré à l’occasion d’une réunion nationale d’étudiants, qu’il avait l’intention de faire de l’éducation des filles une priorité indienne. Il a dit que son gouvernement avait mis en place plusieurs mesures afin de s’assurer que l’éducation soit une réalité pour toutes les filles, en construisant des toilettes spécialement pour elles, par exemple. Il y a des états en Inde où la moitié des écoles n’ont pas de toilettes, et ce problème mérite certainement de l’attention. 

Cependant, la 50 Million Missing Campaign pense que l’un des problèmes les plus graves, qui doit être traité de toute urgence, est l’escalade de viols et de violences contre les filles à l’école ou sur le chemin pour y aller ou en revenir.

De plus en plus, les écoles sont vues comme des endroits dangereux pour les filles en Inde. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles beaucoup de familles des régions rurales et des bidonvilles refusent d’envoyer leurs filles à l’école, et les marient souvent à un très jeune âge. En fait, les rapports d’agressions sexuelles sur des fillettes se font aussi de plus en plus nombreux dans les écoles privées urbaines, où les parents dépensent beaucoup d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école. De manière très surprenante, même ces écoles privées protègent les criminels et refusent aussi de prendre la responsabilité de la sécurité de leurs élèves. Récemment, dans la ville de Bangalore, des parents se sont insurgés car des écoles privées – profitant du manque d’écoles dans la ville – avaient voulu leur faire signer un formulaire de décharge disant qu’ils ne tiendraient pas les établissements pour responsable si leurs enfants étaient agressé-e-s sexuellement à l’école !

DE FAIT, ON NE PEUT PAS PARLER D’EDUQUER LES FILLES EN INDE, AVANT DE S’ASSURER TOUT D’ABORD QU’ELLES SOIENT EN SECURITE DANS LES ECOLES. LA QUESTION EST LA SUIVANTE : LE PREMIER MINISTRE ET LE GOUVERNEMENT PRENDRONT-ILS DES MESURES ADMINISTRATIVES ET LEGALES CONCRETES AFIN DE GARANTIR LA SECURITE DES ECOLIERES ?

CLIQUEZ ICI pour lire l’histoire de la victime du viol collectif de Suryanelli,  l’un des cas de viols collectifs les plus médiatisés et violents en Inde, dont la victim était une écolière kidnappée et vendue par le conducteur de son bus scolaire, puis prise en otage et violée par 42 hommes en 40 jours. Récemment, dans la ville de Kolkata, quand des étudiant-e-s se sont regroupé-e-s pour protester contre le manque d’action de l’Université contre une agression sexuelle collective sur la personne d’une étudiante sur le campus, le vice-chancellier a appelé la police, qui a ensuite agressé physiquement et sexuellement 16 des manifestantes. 

Cliquez ici pour en savoir plus (en anglais) .

Le vice-chancellier les a ensuite informées que telle était la réponse appropriée à leur « indiscipline ».

Ci-dessous, quelques extraits seulement des rapports de presse sur les violences faites aux filles et femmes, entre autres dans les écoles au cours de la dernière année en Inde portés à l’attention de notre campagne (tous les liens sont en Anglais).

 

Ecolière Kidnappée, Traînée d’Endroit en Endroit et Violée Collectivement Pendant 2 Jours (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Ecole pour les Aveugles Essaie de Taire le Viol d’une Etudiante par ses Employés en Payant les Parents (Bengale Occidental)  CLIQUEZ ICI

Professeure Violée Collectivement dans sa Classe (Rajasthan) CLIQUEZ ICI

Conducteur de Bus Scolaire et son Assistant Violent une Fillette de 11 and (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Ecolière de 11 Ans Violée et Tuée (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Jeune Fille de 14 ans Enlevée et Violée Collectivement sur le  Chemin de l’Ecole (Agra) CLIQUEZ ICI

Jeune Fille de 17 Ans Abattue par l’Homme Qui La Harcelait Depuis des Mois (Bengale Occidental) CLIQUEZ ICI

Conducteur de Bus Scolaire et son Assistant Violent Collectivement une Elève de 4 Ans à l’Intérieur du Bus (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Etudiante de 21 Ans Violée et Immolée Par le Feu par son (Uttar Pradesh) CLIQUEZ ICI

Fillette de 6 Ans Violée Collectivement Par ses Rpofesseurs dans une Ecole Privée; l’Ecole Refuse Toute Responsabilité (Karnataka) CLIQUEZ ICI

Une Ecolière de 9 Ans a été Kidnappée et Violée Par Un COnducteur de Pousse-pousse  (Delhi): cliquez ici

Une Fillette de 3 Ans Agressée Sexuellement à l’Ecole Maternelle (Bengale-Occidental)  CLIQUEZ ICI

Une Etudiante Infirmière Est Violée Dans l’Enceinte d’une Ecole Privée Après y Avoir été Attirée par des Sucreries Par une Employée (Lucknow)  CLIQUEZ ICI

Un Enseignant Diplômé en Droit Assassine Pour la DotA School Teacher and Law Graduate Murders For Dowry (New Delhi) CLIQUEZ ICI

Tentative de Viol et de Meurtre d’une Interne Dans ses Fonctions à l’Hôpital (Assam)CLIQUEZ ICI

Elève de 6ème Violée Collectivement et Immolée Par le Feu Par ses Violeurs, les Identifie Avan sa Mort (Bengale Occidental) CLIQUEZ ICI

Etudiante Violée Collectivement par ses Camarades de Classe (Lucknow) CLIQUEZ ICI

Fillettes Enlevées de leur Ecole Par des Hommes Armés, et Violées Collectivement (Jharkhand) CLIQUEZ ICI

Etudiante en Pharmacie Violée Collectivement Par ses Camarades de Classe, Puis Tuée Par le Feu (Madhya Pradesh) CLIQUEZ ICI

Ecolière Violée Collectivement Par son Petit Ami et ses Amis (Bihar) CLIQUEZ ICI

Directeur d’Ecole Dans le Tamil Nadu Immole son Epouse par le Feu pour la Dot (Tamil Nadu) CLIQUEZ ICI

Adolescente Victime d’un Viol Tente de se Suicider Après que son Violeur et Professeur Est Libéré Sous Caution ! (Goa) CLIQUEZ ICI

Ecolière Issue d’une Tribu Violée Par le Directeur de son Ecole (Orissa) CLIQUEZ ICI

Quand les #Mères Tuent leurs #Filles

Traduit de l’Original par Harsha Herlekar 

On voit sur cette photo une femme avec ses jumeaux- un garcon et une fille.
En regardant les bébés de cette image, il n’est pas difficile de deviner laquelle est la fille. C’est le bébé sur la droite, une figure squelettique, qui fait la moitié de la taille de son frère. Elle est morte le lendemain du jour où cette photo a été prise.

La mère avait décidé, suivant les conseils de sa famille, de n’allaiter que son garçon. Regardez la tendresse avec quelle elle tient la tête de son fils. Au contraire, elle ne tient pas sa fille. Même le biberon n’est pas tenu! Le langage corporel de la mère montre son rejet envers sa fille. De plus, à en juger par la taille du garçon, ces enfants sont âgés d’environ 5-6 mois, ce qui signifie que la petite fille a enduré une mort de faim lente et douloureuse.

Cette photo en noir et blanc est bien sûr une photo d’archive, datant certainement des années 1980.

Mais est-ce si différent en Inde aujourd’hui?

Il y a quelques jours Deepika Parmar, qui avait donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille, à l’ hôpital de Mumbai, jeta furtivement sa fille par la fenêtre de la salle de bain de l’hôpital. Elle inventa ensuite que sa fille avait été kidnapée. Alors que le personnel fouillait frénétiquement les étages de l’hôpital, quelqu’un remarqua sur l’enregistrement de vidéosurveillance, que Deepika était entrée dans la salle de bain avec le bébé dans ses bras, mais qu’elle en était sortie les mains vides. Interrogée par la suite, Deepika admit qu’elle avait en effet jeté son bébé par la fenêtre.

La chute écrasa le crâne du bébé, mais celui-ci n’a pas été tué tout de suite. Lorsque le personnel de l’hôpital la sauva, les rats avaient commencé à la mâcher et elle gémissait doucement. Plus tard elle a succomba à ses blessures.

Le cas de Deepika n’est pas isolé. La plupart des cas d’infanticide féminins ne sont pas signalés en Inde; on lit assez fréquemment un rapport, souvent au petit coin du journal au sujet d’un meurtre commis par une mère contre son bébé fille. A présent les infanticides existent dans chaque partie de l’Inde. En fait,il y a en Inde des milliers d’infanticides féminins chaque année, et une majorité d’entre eux sont commis par des femmes – les mères, les grands-mères et les sages-femmes.
Pammi, une jeune femme de 25 ans, a étranglé sa fille, âgée d’1 jour, tandis qu’ellle etait toujours à l’hôpital, à Delhi. Elle a d’abord prétendu que sa fille était morte de « causes naturelles. » Plus tard, elle avoua: “Je ne voulais pas d’une petite fille . C’est considéré comme un mauvais présage dans mon village, au Bihar. Alors je l’ai tuée”. Pammi avait deux garçons et en voulait un autre.

Seema Sai a plaidé coupable d’avoir noyé ses deux filles âgées de quatre ans et neuf mois, au Bengale Occidental, dans un réservoir, apparemment car elle souffrait de « reproches » de la part de ses beaux-parents parce qu’elle avait des filles.

Au Tamil Nadu, Revathy, une femme de 21 ans, avait concocté un plan avec sa mère pour tuer ses petites jumelles alors qu’elles étaient encore à l’hôpital. Après les avoir secrètement prises hors de la salle des couveuses, Revathy assassina l’une de ses jumelles, un nouveau-né, en lui tranchant la gorge, tandis que sa mère a étranglait l’autre. Elles dirent qu’elles avaient été déçues que les bébés soient des filles. Cependant, après avoir tué les bébés, les deux femmes ont tenté de rejeter la faute sur l’hôpital. (Voici une vidéo )

L’un des cas pour lequel la 50 Million Missing Campaign s’est impliquée était celui d’un bébé nommé Karishma , que la grand-mère affamait, agressait violemment et tentait de tuer régulièrement. Le grand-père de Karishma est un sarpanch (chef du village judiciaire), et c’est une famille de riches propriétaires terriens, qui possède des vergers. Leur statut financier leur permettait d’élever une fille, mais ils n’en voulaient pas. Alors Karishma et sa mère ont été déplacés vers un foyer sûr, étant donné tout le soutien dont elles avaient besoin, et nous avions commencé des poursuites pénales contre la grand-mère paternelle de l’enfant, lorsque la mère, sans en informer personne, retourna chez sa belle-famille avec Karishma, bien que celle-ci y était en danger.

La question est: dans quelle mesure tenons-nous ces mères responsables de leurs actes?

Un article de The Telegraph argumente:

Les sociologues et les militants soutiennent que la mère qui tue sa fille est autant une victime que son enfant, étant toutes deux cruellement soumises aux mêmes forces d’une société aux préjugés sexistes. Le contre-argument vient des autres: personne ne peut violer le droit des filles à vivre. Est-il possible de faire une loi spéciale pour les mères qui tuent leurs bébés filles? Comment une telle loi serait-elle formulée? Toutes autres choses restant égales par ailleurs, peut-on imaginer les horreurs qui en découleraient [dans une société où les filles sont indésirables en premier lieu]?

En effet, si l’on accepte l’argument de la vision des mères en tant que victimes, alors il faudrait accepter le même argument de toutes les victimesde violence qui violentent ensuite d’autres personnes. Par exemple. la plupart des délinquants sexuels d’enfants ont été victimes d’abus sexuels eux-mêmes dans leur enfance. Mais ce qui est plus important ici, c’est l’individu, le droit indépendant de chaque enfant né, à la vie et à la sécurité. Le droit, que personne, pas même un parent, ne peut lui enlever.

 

 

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A PROPOS DE LA TRADUCTRICE

Harsha Herlekar est originaire de Hubli, Karnataka, en Inde. Elle étudie en ce moment le Français à Hyderabad, en Inde, au niveau de Master’s Degree.

 

Le Recensement qui Révèle que 17 Millions de Filles ont été tuées en Inde dans le Groupe d’Âge des 1-15 Ans !

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Rita Banerji © copyright 2008.

Traduit de l’Original par Roxane Metzger

par Rita Banerji

Les données du recensement de 2011 en Inde montrent que 18 millions de filles ont été exterminées de la population avant l’âge de 15 ans. On présumait souvent que ceci était principalement dû à la pratique d’avortements sélectifs. Cependant, l’analyse en terme d’âge du dernier recensement de l’Inde montre non seulement que la plupart des filles sont tuées après la naissance, mais aussi que les meurtres augmentent avec l’âge des filles !

Depuis les 7 dernières années, j’ai toujours argumenté que le gouvernement utilise une tranche d’âge très étrange, celle des 0-6 ans, afin de déterminer le ratio sexuel chez les enfants. Qu’est-ce qui constitue la catégorie des « 0 ans » ? Les fœtus ? Et pourquoi le gouvernement placerait-il les fœtus féminins avortés et les fillettes de la naissance à l’âge de 6 ans dans la même catégorie « d’âge » ? Pourquoi la tranche d’âge des 0-2 ans, ou celle des 0-10 ans, ne détermineraient-elles pas le ratio sexuel chez les enfants ? S’agit-il d’une tentative délibérée de brouiller les données qui révéleraient combien de filles sont tuées après la naissance ?

Quand j’ai commencé à faire des recherches dans des revues ainsi qu’avec plusieurs études qui traitaient des meurtres de filles après la naissance en Inde, j’ai découvert que TOUTES LES ETUDES que j’avais sous les yeux montraient que les fillettes couraient le plus grand risque d’être tuées jusqu’à l’âge de 5-6 ans. De plus, là où les données ont Lire la suite

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