Inde: Il y a eu un bond de 336% des affaires de viols d’enfants lors des 10 dernières années

delhi rape police pkgTraduit de l’Original par Roxane Metzger

L’année dernière à New Delhi, une petite fille de 5 ans a été kidnappée, prise en otage pendant 2 jourspar deux hommes adultes, violée collectivement et victime de tortures sexuelles avec des objets tels que des bouteilles et des bougies, qui étaient insérés en elle ». Les violeurs ont ensuite essayé de la tuer en lui tranchant la gorge. La police, qui avait tout d’abord refusé d’enregistrer un rapport afin de porter la petite fille disparue lorsque les parents les avaient contactés, ont ensuite tenté de passer l’affaire sous silence, alors que l’enfant était à l’hôpital, se battant pour survivre. Les policiers n’ont pas seulement refusé d’enregistrer une plainte pour viol, mais ont même essayé d’acheter son silence au père de la victime pour 200 roupies (40 dollars) ! Ils lui ont dit de ne pas contacter les médias ou le public, parce que ceux-ci ne feraient que se moquer de lui! Par la suite, alors que des manifestantes ont abordé la police, celle-ci se mit à battre certaines des femmes!

Comme nous l’avons déjà dit dans un article précédent, le viol de femmes en Inde a augmenté de 873% depuis 1971. Cependant, les viols et agressions sexuelles d’enfants ont aussi atteint des proportions épidémiques. Pendant les 10 dernières années, il y eut une

Comme nous l’avons déjà écrit dans un article précédent, le viol de femmes en Inde a augmenté de 873% depuis 1971. Cependant, les viols et agressions sexuelles d’enfants ont aussi atteint des proportions épidémiques. Selon un rapport de 2013, il y a eu un bond de 336% des affaires de viols d’enfants lors des 10 dernières années.Une étude conduite par le gouvernement et datant de 2007 a révélé que plus de 50% des enfants, c’est à dire un enfant sur deux en Inde, a été sujet à une forme ou une autre d’abus sexuel au cours de son enfance.

Le rapport, qui s’intitule « Les ‘Hell Holes’ de l’Inde », énonce catégoriquement : « Ces [affaiires] [qui constituent l’augmentation de 336% des viols d’enfants] ne sont que la partie émergée de l’iceberg, puisque la grande majorité des viols d’enfants ne sont pas rapportés par la police. De plus, les enfants deviennent régulièrement les victimes d’autres formes d’abus sexuels. » Le rapport montre aussi que les pires endroits en terme d’abus sexuels d’enfants sont les maisons pour jeunes que le gouvernement a mis en place.

Voici des liens vers des journaux des deux dernières semaines, rapportant des cas de viol où les victimes étaient des petites filles :
New Delhi (26 Avril 2013): peite fille de 6 ans violée, sa gorge tranchée, se bat pour sa vie
Shimla, Himachal Pradesh (22 Avril 2013: 1jeune fille de 15 ans
New Delhi (22 Avril 2013): Une autre petite fille de 5 ans violée et abandonnée au AIIMs hospital
Khargone, Madhya Pradesh (21 Avril 2013): Homme viole et tue sa cousine âgée de 7 ans
Nagpur, Madhya Pradesh (21 Avril 2013): peite fille de 4 ans violée
Jehanabad, Bihar (20 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par deux hommes
Surat, Gujarat (21 Avril 2013): jeune fille de 17 ans kidnapée, séquestrée et violée en gang
New Delhi (21 Avril 2013): jeune fille de 13 ans violée en gang par 8 hommes, tente de se suicider
Aligarh, Uttar Pradesh (19 Avril 2013): petite fille de 6 ans violée et tuée
Birabadi, Haryana (13 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par deux hommes
Valmiki Tiger Reserve, Bihar (13 Avril 2013): petite fille de 7 ans violée par un garde forestier
Bhubaneshwar, Orrissa (12 Avril 2013): 1jeune fille de 15 ans violée en gang par 4 hommes
Rohtak, Haryana (8 Avril 2013): jeune fille de 13 ans violée
Varanasi, UP (5 Avril 2013): jeune fille de 16 ans violée en gang par trois hommes

Et pourtant, le pire traumatisme que les victimes, leurs familles et la société indienne aient à affronter « is dealing with the police »
L’apathie est toujours au rendez-vous ! (« is a given ») Aujourd’hui en Inde,il est considéré comme acquis que dans une affaire de viol, la police n’enregistrera pas de rapport, qu’elle ne mènera pas d’enquête, et que, même si la famille identifie le violeur, la police ne fera rien. Elle n’arrêtera même pas les coupables ! Mais le pire, chez la police en Inde, c’est qu’ils peuvent battre les parents ou les soutiens d’une victime en public s’ils essaient de protester contre l’indifférence policière face à la détresse (« plight ») de la victime !!!
Ci-dessous, deux vidéos. La première est un enregistrement de policiers tabassant des gens, y compris la mère d’une petite fille de 6 ans qui a été violée et tuée, parce qu’ils protestaient contre le fait que la police refusait d’agir à moins que les parents de la victime ne déclarent avoir vu le viol de leurs propores yeux !!! La deuxième vidéo montre une femme se faisant violemment gifler par un « senior » policier, pour avoir demandé pourquoi la police essayait de passer sous silence le viol d’une petite fille de 5 ans, ce qui a causé un soulèvement de fureur dans la capitale de l’Inde.
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A PROPOS DE LA TRADUCTRICE
Roxane Metzger est l’éditrice/coordinatrice du blog francophone de la 50 Million Missing Campaign.

Barun Biswas: Tué Pour Avoir Inspiré A Combattre Le Viol

The 50 Million Missing Campaign Poster

Barun Biswas est né le 12 septembre 1972 dans le village de Sutia, au Bengale-Occidental. Ses professeurs à Sutia disent que c’était un garçon travailleur qui n’avait jamais peur de remettre l’autorité en question. Barun racontera plus tard qu’il s’agissait là de leçons apprises de ses parents, des paysans sans terre qui, malgré leur pauvreté, travaillèrent dur pour assurer une éducation à leurs enfants.

Après l’université, Barun passa l’examen d’entrée dans la function publique. S’il l’avait voulu, il aurait pu déménager en ville, gagner un bon salaire et vivre la vie confortable d’un bureaucrate.

Mais Barun voulait servir les gens de son village, faire quelque chose qui leur bénéficierait directement, et il pensait que le meilleur moyen de faire cela était de devenir instituteur.

A partir de l’an 2000, le village de Sutia fut assiégé. Un gang d’hommes le pilla, violant les femmes, tuant et extorquant les familles. Il y eut des rapports de police concernant 33 viols et plus de 12 meurtres. Mais la plupart des victimes ne déposèrent pas plainte parce qu’ils et elles étaient terrorisé-e-s. Le gang bénéficiait de connections politiques, donc même la police se refusait à les arrêter. Si quelqu’un tentait de déposer plainte, une femme de sa famille était enfermée et violée par les membres du gang des semaines durant. Parfois ces représailles concernaient toutes les femmes et filles d’une famille, et elles étaient toutes violées, y compris les petites filles et les vieilles femmes.

Ce siège a duré deux ans, puis en juillet 2002, quelques villageois se retrouvèrent sur la place principale pour trouver une solution, si solution il y avait. Ils tentèrent de convaincre d’autres villageois de les rejoindre dans un mouvement organisé, et distribuèrent des tracts. Mais les autres villageois, craignant les représailles, ont vite jeté les tracts. Personne ne voulait se joindre à leur cri de protestation.

Barun Biswas s’avança, prit le micro en main et s’adressa aux villageois : « Si  nous ne pouvons protéger nos filles, nos sœurs, nos épouses et nos mères, alors nous ne devrions pas vivre au sein d’une société civilisée. Si nous n’avons pas le courage de combattre les violeurs, alors nous méritons une punition plus sévère encore que celle qu’ils méritent ».

La foule commença à l’écouter, et de plus en plus de gens s’assemblèrent. A partir de ce moment, Barun prit le rôle de chef du mouvement contre le gang et pour que justice soit faite aux victimes. Il mit en place une association pour les droits des villageois (la Pratibandi Mancha). Après un combat incessant, après tant d’efforts pour persuader les victimes de déposer plainte et d’identifier leurs bourreaux, l’organisation réussit à faire emprisonner le chef du gang ainsi que certains de ses membres. Cela ne fut pas chose facile pour Barun ; les membres de l’association étaient souvent agressés et même blessés. Malgré tout, la paix finit par revenir à Sutia.

“Les femmes étaient violées et molestées devant leurs maris et enfants. Le gang avait des soutiens politiques, et personne ne pouvait les arrêter. Personne ne savait où commencer jusqu’à ce que Barun ne parle lors de ce meeting dans la rue. C’était là l’étincelle dont nous avions besoin, et ce mouvement se transforma en l’agitation qui a fini par mettre au fin au règne de la terreur ». C’est ce que déclara Hitlal Bayen, l’un des voisins de Barun qui rejoint son organisation.

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Plusieurs victimes de viols déposèrent plainte auprès de la police et identifièrent les criminels. Barun aida aussi deux d’entre ells à se marier. Les victimes de viols sont stigmatisées en Inde, vues comme « souillées »  et « impropres » au mariage. Sutia fit de lui un héros, mais Barun ne relâcha pas son engagement. Alors que la paix régnait enfin, des membres du gang complotaient pour le tuer.

Le 5 juillet 2012, Barun rentrait chez lui quand on lui tira dessus à bout portant. Alors même qu’il gisait sur les marches de la gare, se vidant de son sang, les gens avaient trop peur pour lui venir en aide. Mourant, il dut utiliser son dernier souffle pour appeler son oncle à l’aide lui-même. L’aide arriva trop tard. Barun était déjà mort. Il avait à peine 39 ans.

On July 5, 2012, Barun was returning home and was shot point blank as he emerged from the railway station. Even as he lay bleeding to death on the steps at the station, people were too afraid to approach him to help. With his dying breath he had to call his uncle on his mobile and summon help for himself.  Help came too late. By then Barun was dead. He was just 39 years old.

© The 50 Million Missing Campaign.  Tous Droits Réservés. Pour citer, merci de vous référer à nos conditions de copyright.

Voir Aussi (en Anglais):

Film sur la vie de Barun http://en.wikipedia.org/wiki/Proloy_(film)

La famille de Barun pense que le PartiTrinamool Congress Party avait quelque chose  à voir avec son meurtre http://timesofindia.indiatimes.com/city/kolkata/Family-suspects-TMC-hand-in-Baruns-murder/articleshow/22041232.cms

Sutia craint à nouveau les viols et la violence après la mort de Barun http://timesofindia.indiatimes.com/city/kolkata/Wholl-save-us-now-cries-rape-village/articleshow/14738969.cms

http://origin-headlinestoday.intoday.in/programme/barun-biswas-anti-rape-crusader-rape-sutia-village-west-bengal/1/305087.html

Je Ne Veux Pas des “Dames D’abord”, Mais Qu’est-ce Qui Prend Ces Hommes ?

par Rita Banerji

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Cela m’exaspère lorsqu’un homme dit mielleusement « les dames d’abord ! ». Je trouve cela condescendant. En tant que femme, je me considère aussi capable que n’importe quel homme, et je ne vois pas pourquoi je devrais être traitée différemment.

De même, je rejette catégoriquement l’approche des « hommes d’abord » que je rencontre partout où je vais en Inde. En marchant dans la rue, en conduisant, chez les gens et même dans les bureaux. C’est une attitude qui déclare haut et fort que les hommes ont le droit de pousser les femmes de côté et d’être servis d’abord.

Cela m’est encore arrive hier dans une banque, me laissant rouge de colère. J’avais accompagné ma mère, qui voulait déposer des espèces. Il y avait une longue queue au guichet, je lui ai donc dit d’aller s’asseoir et que je ferais la queue pour elle. Un homme est venu se mettre derrière moi, puis a avancé pour se placer très près de moi. Je savais que son intention était de me mettre assez mal à l’aise pour que je recule et qu’il puisse prendre ma place. J’ai vu des hommes prendre cette liberté avec les femmes bien trop souvent. Il s’agit d’une déclaration agressive et silencieuse de privilège masculin. Je lui ai dit, tout haut et fermement, qu’il s’était placé hors de la queue et qu’il me mettait mal à l’aise ; qu’il était hors de question que je le laisse prendre ma place. Il n’a pas protesté, reculant silencieusement.

De manière très révélatrice, le seul à s’offusquer fut l’homme qui était au guichet. La notion de domination masculine planait sur toute la banque, comme c’est souvent le cas dans les lieux publics en Inde. Il y avait cinq guichets, tous occupés par des hommes. Je regardai autour de moi, et remarquai que sur les 25 client-e-s tout autour, seules 2 étaient des femmes. L’homme au guichet prit mon enveloppe, la mit de côté, puis à ma grande surprise il se pencha pour prendre le dépôt de l’homme qui était derrière moi. Il traita d’abord la demande de ce client, laissant la mienne pour plus tard. C’était ce fameux pacte silencieux entre hommes qui dit : remettons cette salope à sa place !

Pas besoin de vous dire que j’ai explosé de rage, après quoi ma demande fut traitée très rapidement. Le manager de la banque avança des prétextes stupides pour la conduite de son employé, ce qui m’énerva davantage. Par exemple, l’employé pensait apparemment que la demande de l’homme lui aurait pris moins de temps et qu’il pourrait ensuite traiter la mienne quand il aurait jugé qu’il avait le temps. Cette attitude n’était pas seulement sexiste, elle était aussi peu professionnelle. « Quelle genre de formation vos banquiers reçoivent-ils ? », ai-je demandé à savoir. C’était une de ces grandes banques privées – de celles qui ont placé des femmes à des postes hauts placés et qui se sont mises à crier « émancipation féminine ! » du haut de leurs toits. Les femmes tout en haut, foutaises ! Ce qui importe réellement, c’est comment doivent vivre les femmes ordinaires, des femmes comme vous et moi, au quotidien.

Alors à moins que chacune d’entre nous ne cause une tempête à chaque fois qu’elle est confrontée à l’une de ces situations de sexisme quotidien, et ne demande une action immédiate sur les lieux mêmes – rien ne changera.

Alors femmes, s’il vous plait, défendez-vous !

Agissez !

Demandez le respect de vos droits !

Faites-le PARTOUT où vous allez.

Faites-le CHAQUE JOUR

Faites-le à la MAISON.

Faites-le en PUBLIC.

Faites-le au TRAVAIL.

Souvenez-vous que votre peur et votre silence donnent du pouvoir à un environnement qui est horriblement et ouvertement répressif envers les femmes.

© The 50 Million Missing Campaign. Tous Droits Réservés. Pour citer, merci de vous réferer à nos conditions de copyright.

A PROPOS DE L’AUTEURE

 photo RitaRita Banerji est une auteure et activiste pour les droits des femmes, ainsi que la fondatrice de la 50 Million Missing Campaign pour stopper le génocide féminin en Inde. Son livre,  ‘Sex and Power: Defining History Shaping Societies,‘ porte un regard historique et social sur le rapport entre genre et pouvoir en Inde en tant que cause de l’actuel genricide de l’Inde. Son site internet est  www.ritabanerji.com Elle blogue surRevolutions in my Space et tweete sur @Rita_Banerji

Quand Les Ecoles Sont Dangereuses Pour Les Filles, Peut-On Parler d’Education ?

Traduit de l’original par Roxane Metzger

Le Premier Ministre Modi a récemment  déclaré à l’occasion d’une réunion nationale d’étudiants, qu’il avait l’intention de faire de l’éducation des filles une priorité indienne. Il a dit que son gouvernement avait mis en place plusieurs mesures afin de s’assurer que l’éducation soit une réalité pour toutes les filles, en construisant des toilettes spécialement pour elles, par exemple. Il y a des états en Inde où la moitié des écoles n’ont pas de toilettes, et ce problème mérite certainement de l’attention. 

Cependant, la 50 Million Missing Campaign pense que l’un des problèmes les plus graves, qui doit être traité de toute urgence, est l’escalade de viols et de violences contre les filles à l’école ou sur le chemin pour y aller ou en revenir.

De plus en plus, les écoles sont vues comme des endroits dangereux pour les filles en Inde. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles beaucoup de familles des régions rurales et des bidonvilles refusent d’envoyer leurs filles à l’école, et les marient souvent à un très jeune âge. En fait, les rapports d’agressions sexuelles sur des fillettes se font aussi de plus en plus nombreux dans les écoles privées urbaines, où les parents dépensent beaucoup d’argent pour envoyer leurs enfants à l’école. De manière très surprenante, même ces écoles privées protègent les criminels et refusent aussi de prendre la responsabilité de la sécurité de leurs élèves. Récemment, dans la ville de Bangalore, des parents se sont insurgés car des écoles privées – profitant du manque d’écoles dans la ville – avaient voulu leur faire signer un formulaire de décharge disant qu’ils ne tiendraient pas les établissements pour responsable si leurs enfants étaient agressé-e-s sexuellement à l’école !

DE FAIT, ON NE PEUT PAS PARLER D’EDUQUER LES FILLES EN INDE, AVANT DE S’ASSURER TOUT D’ABORD QU’ELLES SOIENT EN SECURITE DANS LES ECOLES. LA QUESTION EST LA SUIVANTE : LE PREMIER MINISTRE ET LE GOUVERNEMENT PRENDRONT-ILS DES MESURES ADMINISTRATIVES ET LEGALES CONCRETES AFIN DE GARANTIR LA SECURITE DES ECOLIERES ?

CLIQUEZ ICI pour lire l’histoire de la victime du viol collectif de Suryanelli,  l’un des cas de viols collectifs les plus médiatisés et violents en Inde, dont la victim était une écolière kidnappée et vendue par le conducteur de son bus scolaire, puis prise en otage et violée par 42 hommes en 40 jours. Récemment, dans la ville de Kolkata, quand des étudiant-e-s se sont regroupé-e-s pour protester contre le manque d’action de l’Université contre une agression sexuelle collective sur la personne d’une étudiante sur le campus, le vice-chancellier a appelé la police, qui a ensuite agressé physiquement et sexuellement 16 des manifestantes. 

Cliquez ici pour en savoir plus (en anglais) .

Le vice-chancellier les a ensuite informées que telle était la réponse appropriée à leur « indiscipline ».

Ci-dessous, quelques extraits seulement des rapports de presse sur les violences faites aux filles et femmes, entre autres dans les écoles au cours de la dernière année en Inde portés à l’attention de notre campagne (tous les liens sont en Anglais).

 

Ecolière Kidnappée, Traînée d’Endroit en Endroit et Violée Collectivement Pendant 2 Jours (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Ecole pour les Aveugles Essaie de Taire le Viol d’une Etudiante par ses Employés en Payant les Parents (Bengale Occidental)  CLIQUEZ ICI

Professeure Violée Collectivement dans sa Classe (Rajasthan) CLIQUEZ ICI

Conducteur de Bus Scolaire et son Assistant Violent une Fillette de 11 and (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Ecolière de 11 Ans Violée et Tuée (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Jeune Fille de 14 ans Enlevée et Violée Collectivement sur le  Chemin de l’Ecole (Agra) CLIQUEZ ICI

Jeune Fille de 17 Ans Abattue par l’Homme Qui La Harcelait Depuis des Mois (Bengale Occidental) CLIQUEZ ICI

Conducteur de Bus Scolaire et son Assistant Violent Collectivement une Elève de 4 Ans à l’Intérieur du Bus (Maharashtra) CLIQUEZ ICI

Etudiante de 21 Ans Violée et Immolée Par le Feu par son (Uttar Pradesh) CLIQUEZ ICI

Fillette de 6 Ans Violée Collectivement Par ses Rpofesseurs dans une Ecole Privée; l’Ecole Refuse Toute Responsabilité (Karnataka) CLIQUEZ ICI

Une Ecolière de 9 Ans a été Kidnappée et Violée Par Un COnducteur de Pousse-pousse  (Delhi): cliquez ici

Une Fillette de 3 Ans Agressée Sexuellement à l’Ecole Maternelle (Bengale-Occidental)  CLIQUEZ ICI

Une Etudiante Infirmière Est Violée Dans l’Enceinte d’une Ecole Privée Après y Avoir été Attirée par des Sucreries Par une Employée (Lucknow)  CLIQUEZ ICI

Un Enseignant Diplômé en Droit Assassine Pour la DotA School Teacher and Law Graduate Murders For Dowry (New Delhi) CLIQUEZ ICI

Tentative de Viol et de Meurtre d’une Interne Dans ses Fonctions à l’Hôpital (Assam)CLIQUEZ ICI

Elève de 6ème Violée Collectivement et Immolée Par le Feu Par ses Violeurs, les Identifie Avan sa Mort (Bengale Occidental) CLIQUEZ ICI

Etudiante Violée Collectivement par ses Camarades de Classe (Lucknow) CLIQUEZ ICI

Fillettes Enlevées de leur Ecole Par des Hommes Armés, et Violées Collectivement (Jharkhand) CLIQUEZ ICI

Etudiante en Pharmacie Violée Collectivement Par ses Camarades de Classe, Puis Tuée Par le Feu (Madhya Pradesh) CLIQUEZ ICI

Ecolière Violée Collectivement Par son Petit Ami et ses Amis (Bihar) CLIQUEZ ICI

Directeur d’Ecole Dans le Tamil Nadu Immole son Epouse par le Feu pour la Dot (Tamil Nadu) CLIQUEZ ICI

Adolescente Victime d’un Viol Tente de se Suicider Après que son Violeur et Professeur Est Libéré Sous Caution ! (Goa) CLIQUEZ ICI

Ecolière Issue d’une Tribu Violée Par le Directeur de son Ecole (Orissa) CLIQUEZ ICI

Pourquoi Une Augmentation du Pourcentage de #Femmes dans le #Gouvernement Indien Ne Fera Pas Avancer la Condition des Femmes #Indiennes

image article 33%Actuellement, on ne compte que 11% de femmes au Parlement indien. Certains groupes féministes ont demandé à ce que 33% des sièges du Parlement soit réservés à des femmes. Cependant, ainsi que le montre l’article ci-dessous, les femmes déjà présentes à tous les niveaux du gouvernement font preuve d’une apathie totale vis-à-vis de la question des droits des femmes en Inde.

La vraie question est donc la suivante : comment faire pour que les femmes qui font déjà partie du gouvernement s’intéressent aux droits des femmes ?

NOUS AIMERIONS RECEVOIR TOUTES VOS SUGGESTIONS. MERCI DE NOUS LES ENVOYER PAR COMMENTAIRE CI-DESSOUS, OU PAR TWEET @50millionmissin

Par Debolina Dubois

Je regardais Eve Ensler, auteure des Monologues du Vagin (Vagina Monologues dans sa version originale) – sur une chaîne YouTube lors des manifestations suite au viol collectif de Dehli. On lui demanda ce qui, à son avis, pourrait aider à metre un terme aux violences contre les femmes en Inde. Sa réponse : « Inclure les femmes d’avantage », au gouvernement, à la police – aux positions de pouvoir et de décisions.

Malheureusement, en Inde, cette théorie ne marche pas. La culture du viol, l’indoctrination et la névrose religieuse sont telles qu’en Inde les femmes en position de pouvoir politique ne considèrent pas que le bien être de leur sexe, ou même la violence extrême perpétrée contre les femmes en Inde les concernent.  Elles ne prennent pas de mesures, ne tentent pas de faire passer de lois pour combattre ce fléau. Elles n’en parlent pas, et si cela était nécessaire pour maintenir l’état de terreur en place, elles n’hésiteraient pas à torturer femmes et enfants pour garder leurs positions de pouvoir. Lorsqu’on essaie de les forcer à reconnaître l’importance des droits des femmes, elles utilisent leurs convictions religieuses ainsi que l’endoctrinement patriarcal pour accuser et rabaisser les femmes un peu plus. Un bon exemple de ce phénomène est la gouverneure de l’état du Bengale-Occidental, Mamata Banerjee. Elle a accusé la victime d’un viol collectif très médiatisé à Kolkata d’être une menteuse. Lorsqu’une policière, Damayanti Sen, avait rendu cette affaire publique, elle s’est attirée des critiques de toutes parts avant d’être rétrogradée en représaille. La gourverneure a également déclaré que les femmes invitaient au viol en socialisant librement avec le sexe opposé, au lieu de rester à la maison – enfermées, comme de bonnes indiennes sont censées vivre.

Pour lire l’article en entier (et en Anglais) sur le blog de Debolina, CLIQUEZ ICI

 

A PROPOS DE L’AUTEURE

Debolina Dubois est une artiste visuelle et une féministe. Son mémoire de licence bilingue Français-Anglais porte sur « le Féminisme dans l’Art vs le Minimalisme dans le Design ». Son site internet est debolinadubois.net/

La Survivante du #viol collectif de #Suryanelli : « Aurais-je reçu plus de soutien si j’avais perdu la vie ? »

Traduit de l’Original par Diké

En janvier 1996, une écolière fut kidnappée, enfermée, violée et brutalisée par 42 hommes durant 40 jours. 16 ans plus tard, elle attend toujours que justice soit faite. Comme la loi indienne interdit de divulguer le nom des victimes de viol, la victime devint connue sous le pseudonyme de « Suryanelli girl » [la fille de Suryanelli, du nom de son village d’origine]. Pour lire le récit complet de son combat ininterrompu pour la justice, cliquez ici.

En Inde, après l’affaire du viol collectif de New Delhi dans un bus, dont la victime succomba aux blessures reçues, nombre de survivantes de viols collectifs violents ont posé la même question : auraient-elles reçu plus de soutien public si elles aussi avaient été tuées après le viol ? Pourquoi les femmes qui ont survécu à des viols collectifs violents en Inde, et qui se battent contre une police corrompue et un système criminel pour obtenir justice, ne reçoivent-elles pas le même type de soutien public, en Inde et à l’international, même si leurs cas sont aussi graves et connus que les affaires de Suryanelli et de Park street par exemple ? Pourquoi personne ne se bat à leurs côtés, alors qu’elles continuent leur combat, en dépit de tout le harcèlement causé par un système criminel et par la stigmatisation sociale ?
Ci-dessous, la victime de Suryanelli formule cette question dans ses propres mots :

suryanelli facelessVous ne connaîtrez peut-être jamais mon nom. Jusqu’à ma mort, je suis destinée à porter le poids de cette étiquette dont je ne peux me débarrasser. Je suis la fille de Suryanelli. Cela fait 17 ans que je me bats pour la justice, tandis que certains me désignent comme une « enfant prostituée » et d’autres comme la victime. Mais personne ne m’a jamais donné un surnom, tel Nirbhaya ou Amanat (trésor) [ainsi qu’on l’a fait pour la victime du viol collectif de Delhi]. Je ne serai jamais la fierté de la nation ou le visage des femmes abusées. Je ne suis plus l’écolière de 16 ans qui tomba amoureuse pour la première fois, et en perdit la vie.
Pourtant, à 33 ans, je me bats contre les mêmes cauchemars. Mon univers est une interminable route grise, qui s’étend de ma maison à l’église et au bureau.
Les gens ont tendance à ricaner lorsque je raconte les 40 jours au cours desquels je fus réduite à un corps féminin destiné à tous les usages qu’ils souhaitaient, vendue comme une bête de somme en cage, poussée dans des chambres obscures à travers la région, violée nuit et jour, frappée à coups de pied et de poing. Ils me demandent comment je peux me souvenir de tout cela, et moi, je me demande comment je pourrais un jour oublier ? Je tombe dans un sommeil perturbé chaque nuit, avec des flashs de ces jours-là qui me reviennent à l’esprit, et je me réveille dans un trou sombre et insondable, peuplé d’hommes poisseux et de femmes malveillantes.
Mon traumatisme ne se termina pas lorsqu’ils se débarrassèrent de moi, laissée pour morte près de ma maison. Avec le soutien de ma famille, j’ai porté plainte en pensant qu’il fallait empêcher que cela n’arrive à une autre fille. Je croyais bien faire, mais ce qui suivit m’a convaincue du contraire. L’équipe chargée de l’enquête m’exhiba à travers toute la région, en me demandant, sans arrêt, de décrire à nouveau tout ce qu’ils m’avaient fait subir. Les enquêteurs m’ont fait comprendre qu’être une femme n’est pas facile, en tant que victime ou survivante.
Je me sens soulagée que la fille de Delhi soit morte, sans quoi elle aurait dû faire face aux même questions teintées d’allusions pornographiques et omniprésentes, forcée de se justifier sans arrêt, et aurait dû passer sa vie à craindre sa propre ombre, sans le moindre ami. Lire la suite

Suzette Jordan : Mon nom n’est pas « La victime du viol de Park Street ! »

Traduit de l’original/ par Héloïse Metzger

En 2011, Suzette Jordan a été victime d’un viol collectif sur Park Street à Calcutta. Parce que la loi indienne interdit de révéler le nom et le visage des victimes de viol, sous peine de 2 ans de prison, les médias floutaient son visage et l’appelaient  »Park Street Rape Victim », soit  »La victime du viol de Park Street ». Récemment, Suzette a décidé de révéler son nom et son identité. Elle est probablement la seule d’un grand nombre de femmes indiennes à faire ceci. Elle explique pourquoi ci-dessous.

Mon nom est Suzette Jordan et je ne veux plus jamais être connue en tant que « la victime du viol de Park Street à Calcutta ».
Après l’incident, [la police] s’est moquée de moi. Ils ne me prenaient pas au sérieux. [Lors de l’examen médical] j’avais l’impression d’être un morceau de viande. Cela me rendait folle, me demandant ce qu’ils [les violeurs] m’avaient fait pendant que j’étais inconsciente. J’avais tellement mal. Je ne pouvais plus bouger. Je sombrais dans la dépression. Cela me terrifiait. Je me suis mise à m’isoler complètement. Je ne pouvais même pas aller jusqu’aux toilettes. Mon père devait me porter jusqu’aux WC. J’ai 37 ans. C’était si embarassant.

Les voisins ont rendu ma vie dans le quartier [où j’habitais avant] très difficile. On a voulu me faire ressentir que j’étais coupable de mon viol. Juste parce que j’avais été en boîte de nuit [avec un homme], on m’a fait ressentir que j’avais provoqué le viol. Quand mes filles allaient à l’école, quelques personnes les regardaient bizarrement et colportaient de fausses rumeurs.. Cela fait 11 ans que je suis mère célibataire.. Au lieu de [m’] admirer d’être à la fois une mère et un père, ils [me] dénigraient. Oh, c’est une mère seule. Son mari l’a quitté. Elle s’est sûrement prostituée. [Des représentants du gouvernement] ont dit que j’étais une prostituée alors qu’ils ne me connaissent même pas. [En faisant ceci ils] mettent également en danger le vie du vraie prostituée. Sont-[ils] en train d’essayer de dire que la parole [d’une prostituée] ne compte pas et n’importe qui peut lui faire subir ce qu’il veut ?

J’ai dû déménager de ma résidence et m’installer ailleurs dans la ville. S’il n’y avait pas eu mes deux filles, je me serais suicidée.

[De tous les métiers pour lesquels j’ai postulés], personne ne m’a jamais recontactée jusqu’à présent.. Suis-je sans valeur parce que j’avais été dans une boîte de nuit [le jour où j’ai été violée] ? Puisque les boîtes de nuit sont si terribles, vous devriez toutes les fermer. Je me suis mise à prendre énormément d’antidépresseurs et de somnifères. Je faisais des cauchemars. Je me réveillais en criant. J’étais sans-dessus-dessous.. Je me faisais du mal à moi-même. S’il n’y avait pas eu mes parents et mes bébés, c’est sûr que je serais morte.
[Maintenant, travaillant dans une association aidant les victimes de violences sexuelles et domestiques], je sens que je guéris, partageant la douleur [des autres victimes]. [Mais] je n’arrête pas d’entendre tellement d’histoires de viols, et je me sens étouffée par le silence complet des victimes, de leurs familles et sociétés.

Il y a peu de temps, j’ai rencontré la famille d’une victime de viol à Calcutta. Je me suis dit : « Pendant combien de temps va-t-on vivre avec la honte d’avoir été violées ? »
[Voilà pourquoi] J’essaye. Je me force à me remettre de la peur. Je ne peux pas m’arrêter de vivre parce que je suis une victime de viol. Je suis en vie et je veux me battre. J’ai besoin de me battre comme je suis, pas derrière un masque, pas derrière un écran, pas derrière une image floutée.
[Après ma décision de révéler mon nom et mon visage] un avocat a dit que je suis en train de détruire le caractère sacré du tribunal. Mais quand les portes du tribunal s’ouvrent, les familles entières des accusés sont dehors. Ils me photographient avec leurs téléphones. Où est mon caractère sacré ?

J’adore les discothèques. J’adore danser mais je n’y suis jamais retournée depuis. J’ai envie d’aller à une fête. Je veux m’habiller comme il me plaît. Mais j’ai très peur de faire cela. [Quant à la justice] je n’ai rien contre ces gens [Les politiciens, policiers et la société civile qui l’ont traquée.] [Mais] ils peuvent se faire pardonner en me faisant justice. Non seulement pour moi, mais pour toutes les femmes du pays dans le même cas que moi.

J’en ai assez de cacher ma véritable identité. J’en ai assez des règles de la société. J’en ai assez de me faire sentir honteuse. J’en ai assez d’avoir peur parce que j’ai été violée. C’en est trop !

Ne déformez [donc] pas ma voix, ne floutez [donc] pas mes photos. Mon nom est Suzette Jordan et je ne veux plus jamais être connue comme la victime du viol de Park Street à Calcutta.

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